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La rencontre-t-on au hasard d’une promenade dans le sous-bois de l’existence ?
C’est un moment précieux, seul à être capturé car la girafe qui se tient devant nous est libre.
S’il y a un zoo, c’est nous qui y sommes enfermés ; la couleur venue d’ailleurs, à travers la lucarne acrylique, glisse dans notre prison comme la lumière à travers un vitrail.
Avons-nous, elle et nous, mangé des champignons ?
Elle regarde… nous regarde-t-elle, son auditoire stupéfié ? Ou l’opéra de ces feuilles appétissantes qui bruissent et se tortillent ? Ou bien un horizon, une savane qui nous est interdite ?
Doux sont ses yeux noirs. Paisibles comme ceux d’une girafe en liberté.